D’où vient cette langue ?
Les Romains de l’Antiquité parlaient le latin, une langue issue de l’indo-européen, parlée par des peuples qui ont émigré depuis l’Inde vers différentes régions d’Asie et d’Europe vers 2000 av.J-C.
Depuis le XVIIe siècle, plusieurs savants ont noté d'étranges rapprochements de vocabulaire entre le latin, le grec et le persan et les langues européennes récentes. On peut constater que [mère] se disait mater en latin (d'où it. et esp. madre, fr. mère) mêtêr en grec, matar en sanskrit, motar en gothique (d'où all. Mutter, angl. Mother) mathir en vieil irlandais, modir en islandais, macer en tokharien, mayr en arménien…
Ces langues étant apparentées, on a essayé de reconstituer la langue mère qu’on a appelé l’indo-européen, en faisant un dictionnaire de racines de mots.
De mères en filles
On a alors rassemblé les langues filles de l’indo-européen en familles de langues qui ont évolué différemment selon les régions.
L'indo-européen primitif aurait donné naissance à plus de 1000 langues. En ce début du second millénaire, ces langues seraient parlées entre 2,5 et trois milliards de locuteurs, ce qui en fait la famille linguistique la plus importante du monde de par le nombre de ses locuteurs. Les langues de la famille indo-européenne sont divisées ici en groupes.
Le groupe indo-iranien est le plus important, avec quelque 700 millions de locuteurs et environ 600 langues. L'aire linguistique s'étend du Kurdistan turc jusqu'au centre de l'Inde, incluant une partie de l'Irak, puis l'Iran, le Pakistan, l'Afghanistan, le Bangladesh.
Les langues germaniques (anglais, allemand, néerlandais, danois, etc.) compte 450 millions de locuteurs.
Les langues romanes (espagnol, portugais, français, italien, roumain, etc.), toutes issues du latin, sont représentées principalement en Europe ainsi que dans toute l’Amérique du Sud, le Mexique, une partie des États-Unis et du Canada à 430 millions de locuteurs.
Les langues slaves (russe, ukrainien, polonais, bulgare, etc.) sont parlées sur le continent européen et comptent plus de 315 millions d'usagers.
Près de la mer Baltique, le lituanien et le letton demeurent les seules langues baltes (5,5 millions de locuteurs) à avoir survécu.
L'albanais, le grec et l'arménien constituent des langues isolées parmi les langues indo-européennes modernes.
Quant aux langues celtiques (breton, gallois, irlandais, écossais, etc.), elles sont toutes en voie d'extinction avec au total moins de deux millions de locuteurs.
Du latin aux langues " romanes " (de romanus, romain)
Entre –200 et +200, l’Empire romain s’est étendu peu à peu tout autour de la méditerranée.
Les Romains implantèrent partout leur système administratif (monnaie, lois…) et transformèrent profondément les peuples conquis. Ils n’imposèrent pas leur langue mais devenir citoyen romain (et donc adopter les habitudes, la religion et la langue de Rome) était le seul moyen pour gravir les échelons de la hiérarchie sociale.
Certains peuples gardèrent leur autonomie (administrative et linguistique) car ils participaient à la défense militaire de l’Empire : les Bretons, les Basques (en Esp.), les Albanais, les Juifs… ce qui explique la survivance de ces langues.
Mais dans la plupart des cas le latin était la langue officielle. A côté de celle-ci se développèrent des dialectes très differents selon les régions, dûs au choc de la langue d’origine et la langue des occupants (le latin).
Les grandes invasions germaniques du IV et Vème siècle provoquèrent la chute de l’Empire romain d’Occident et transformèrent encore la situation linguistique.Aussi, le latin a fini par disparaître dans bien des secteurs mais il s’est maintenu en France, en Italie, en Espagne, au Portugal et en Roumanie. On y parlait une langue encore très proche du latin mais aux variantes infinies : le roman. Les innombrables dialectes ont fini par s’uniformiser dans chacun des royaumes qui ont dessiné peu à peu l’Europe d’aujourd’hui.
Du latin au français
Le latin est resté pendant des siècles la langue officielle, la langue de l’écrit, à côté des nombreux dialectes gallo-romains (répartis en deux groupes selon la façon de dire ‘oui’ :les langues d’oïl au nord les langues d’oc au sud).
Au Ve siècle, des peuplades germaniques envahirent le nord de la Gaule; parmi ces "barbares", les Francs dont le royaume s'appellera la France. Les changements que leur dialecte, le francique, apporta aux parlers romans furent plus d'ordre phonétiques (prononciation), morphologiques (terminaisons des mots...), syntaxiques (structure des phrases) que lexicaux (vocabulaire nouveau).
Au XIIe siècle, le roi Louis VI se proclama "roi de la France et non plus des Francs", d'où le mot 'français' prononcé [franswé], pour désigner le dialecte d'Ile-de-France qui se répandit peu à peu. Mais le latin resta la langue de culture: la langue de l'enseignement,de la justice, de l'Eglise, de la science. Ce n'est que XVIe siècle que François Ier abolit officiellement l'usage du latin. Mais savants et philosophes écrivaient encore leurs oeuvres en latin au XIXe siècle !










